Les principes de l’entrainement

Le tigre du Shotokan (emblème choisit par Gichin FUNAKOSHI)

Le parcours que doit emprunter un karatéka est un chemin qui s’étale sur une vie entière.

Cependant, afin de ne décourager personne (car cela serait dommage), certaines « pistes » sont communes à tous les styles et à toutes les écoles sérieuses de Karaté-Do.

Avant d’aller plus loin je précise qu’il est possible de pratiquer le karaté de nombreuses façons différentes, les conseils qui suivent sont destinés aux pratiquants désirant aller plus loin dans la Voie du Karaté-Do.

Ceci dit, il est tout à fait possible de pratiquer de manière plus « souple » et se « contenter » de deux séances d’entrainements par semaine. Cela est déjà très profitable et apporte de nombreux bienfaits autant sur le plan physique que psychologique.

Je vous en livre l’essentiel (pour ce qui concerne les techniques….avancées, il serait maladroit de les « abandonner » sur le net. De plus, il y a des choses qui ne peuvent se transmettre que de professeur à élève, et pour ça, notre Sensei s’y entend).

1/ L’aspect technique

Cours au DOJO

Évidemment, ils sont incontournables et la base de votre entraînement.

Dans notre école, ils sont divisés en : cours techniques, cours katas, cours compétitions.

De plus, et nous pensons que cela est important, nous séparons les cours entre débutants (jusqu’à la ceinture orange) et pratiquants avancés.

Cette façon de faire permet à chacun d’évoluer à son rythme et d’aborder les cours plus avancés sans appréhension.

De plus, des cours spéciaux pour préparer les passages des 1er, 2éme, 3éme dan et plus sont dispensés afin de vraiment affiner une préparation déjà bien structurée.

Maintenant, concernant l’aspect technique et globalement, d’un style à l’autre, les méthodes entraînements restent particulièrement proches.

Les particularités se situent surtout dans l’usage de techniques plutôt que d’autres, aux niveaux des déplacements et des positions (plus ou moins basses) ainsi que des variantes aux niveaux de certains katas.

Ceci dit, voici en quelques lignes, une présentation des types entraînements utilisés dans notre style.

Kihon

Le travail des fondements, en ligne et seul (afin d’apprendre à maîtriser la technique et chercher à développer des « sensations » permettant de faire en sorte que les mouvements soient « à l’intérieur » et ne nécessitent plus de réflexion pour être utilisés).

Kumité

Ippon kumité : attaques et ripostes sur un pas.

Sanbon kumité : attaques et ripostes sur trois pas.

Gohon kumité : attaques et ripostes sur cinq pas.

Jyu ippon kumité : attaque libre sur un pas.

Voici pour les méthodes traditionnelles de combat.

Maintenant vous trouvez aussi les combats « version » compétition ou les enchaînements orientés self défense.

En fait, toutes les méthodes sont bonnes, il convient cependant de ne jamais oublier les fondements de notre art martial.

Katas

(il s’agit des racines du Karaté-Do, du point de départ comme du point d’arrivée)

Les katas permettent d’enrichir sa pratique, de la faire évoluer et d’approcher le message que les Maîtres du passé nous ont laissé.

Sur un plan pratique (pour ceux qui découvrent), il s’agit d’enchaînements codifiés qu’il faut reproduire de la manière la plus juste et qu’il faut savoir utiliser dans les autres domaines du karaté.

Un travail permanent de recherche au niveau des positions, de la stabilité, de la puissance, de la vitesse, de l’état d’esprit est nécessaire afin de pouvoir progresser dans ce domaine (qui, je le répète, ouvre la porte à une pratique particulièrement riche dans tous les secteurs du Karaté-Do).

Entraînement personnel

L’entraînement personnel fait partie intégrante de la vie du karatéka.

Il permet de revoir les enchaînements imparfaitement intégrés après un cours, de reprendre les katas en cours d’études, de les « décortiquer », de les pratiquer de différentes façons (changer de sens, de rythme, etc…), d’étudier les bunkais qui s’y rattachent (il s’agit des applications des techniques présentent dans les katas).

2/ Condition physique

Musculation

Course à pied

Rameur

Vélo (home trainer)

Concernant la condition physique, il est particulièrement intéressant d’avoir suffisamment de réserves pour enchaîner quelques séries de pompes et d’abdos.

Tout aussi important (et même certainement plus), le fait de développer des cuisses puissantes afin d’avoir des « fondations » solides permettant des déplacements rapides et énergiques, des frappes sûres et en parfait équilibre.

Pour ce faire, vous avez à votre disposition différentes méthodes : musculation (squat et variantes- attention aux genoux quand même), ou encore les exercices « isotoniques » (la chaise, parfait pour les cuisses…..et le mental).

En ce qui concerne les capacités cardiaques (qui vous permettront de faire la différence en fin de cours ou lors d’un passage de grade), c’est en fonction de vos goûts ou envies.

La course à pied, hyper efficace pour le cardiaque mais traumatisante pour les genoux (surtout pour les karatékas de 80 kilos et plus).

Le vélo, parfait également mais VTT et vélo de route ne sont pas sans risque au niveau de la pratique (par contre, le vélo d’intérieur ou le home trainer, sont tout à fait indiqués).

Le rameur est aussi très bien car, il travail le cœur et 80 % de la chaine musculaire. Ceci dit, au niveau du cardiaque, il est difficile d’atteindre la même intensité que pour la course ou le vélo.

3/ Stretching (ou assouplissement, pour ceux qui préfèrent)

Dominique VALERA (un des plus grand karatéka français)

Ici aussi, il y a de quoi faire.

Une bonne souplesse musculaire et articulaire est particulièrement précieuse pour le karatéka. Cela vous permettra de grandement améliorer la qualité de l’ensemble de vos techniques (au niveau des techniques de jambes, bien sûr, mais pas seulement).

4/ Renforcement

Yoshitaka FUNAKOSHI

Kitae Waza (durcissement)

Makiwara

Travail au sac

Exercices divers

NOTE : Voici une partie qui est souvent oubliée par de nombreux karatékas mais qui reste pourtant incontournable.

En effet, il serait dommage d’avoir une condition physique extraordinaire (point 2), une technique subtile et parfaitement maîtrisée (point 1), une souplesse de danseur (ou danseuse, c’est selon) et de se faire une entorse du poignet (pour rester dans les formes de frappe…traditionnelles) face à un agresseur déterminé (qui maîtrise toute les techniques tordues possibles).

Par conséquent, le travail au sac et au makiwara (car nous sommes karatéka, mais il existe d’autres méthodes) est indispensable.

Maintenant, il faut pratiquer avec intelligence. Il ne s’agit pas de « s’exploser » les kentos en une poignée de frappe et de ne plus pouvoir s’entraîner.

Le principe est d’utiliser ces outils afin de développer (puis d’affiner) vos positions, la répartition du poids en fonction de la phase de réalisation d’une technique et aussi de consolider l’ensemble de votre corps au moment du contact.

Vous pouvez travailler en vitesse, en puissance, en utilisant les différentes possibilités de notre discipline (poing fermé, main ouverte, etc…), faire un travail de qualité au niveau des distances, du rythme, etc…

5/ Exercices divers

De nombreux autres exercices permettent de progresser sur la Voie du Karaté-Do (qui, je le rappelle, comprend également le karaté-jutsu) mais comme expliqué plus haut, elles ne peuvent s’enseigner que dans le cadre d’une relation Sensei/élève qui prend du temps et demande un travail personnel sur le long terme.