Histoire du KARATE-DO

(sources : wikipedia, sites internet ainsi que ma bibliothèque personnelle)

Dans le domaine de l’histoire, il est souvent difficile d’être certain de la solidité des informations recueillies aussi je me suis contenté des parties les moins sujettes à caution.

Par conséquent, voici un rapide historique de l’Art de la main vide.

Naissance de l’Okinawa-te

Bien que le Karaté-Do soit toujours présenté comme un art martial japonais, son origine est surtout okinawaïenne où il a trouvé un terrain propice à son développement.

En effet, Okinawa, île principale de l’ archipel des Ryū-kyū située au sud ouest du Japon et au nord-est de l’île de Taïwan, est un territoire particulièrement riche sur le plan martial.

 De plus, l’influence de la Chine, proche sur un plan géographique, a incontestablement influencé le style de combat local.

Il est certain que les échanges commerciaux entre les Ryū-kyū et son (ses) puissant(s) voisin(s) ont permis de faire circuler des techniques et des concepts martiaux particulièrement étudiés.

Malgré tout, les habitants d’Okinawa ont su assimiler les techniques provenant de l’extérieur avec leur propre vision du combat et mettre au point un style efficace et aux multiples facettes.

Avant d’aller plus loin, il est important de savoir que les Îles Ryükyü ont, au cours de leur histoire, souvent été des régions indépendantes mais toujours convoitées par leurs voisins.

 Leur importance pour le trafic maritime en Asie de l’Est a fait de ces îles des royaumes riches qui, à plusieurs reprises au fil des siècles, ont été dans l’obligation de combattre afin de préserver leur indépendance (et également, d’organiser la résistance quand la victoire n’était pas possible).

Par conséquent, aussi bien la Chine que le Japon ont pris possession de ces îles afin d’étendre leur domination sur ce secteur et profiter de leurs richesses (toujours la même histoire, quelque soit l’endroit).

Ce n’est qu’en 1872 que le royaume des Ryūkyū s’est officiellement rattaché au Japon et, en 1879, est devenu une préfecture administrative.

Malgré tout, encore aujourd’hui, les habitants d’Okinawa revendiquent leurs différences culturelles avec le Japon et se définissent comme un mélange de cultures chinoises et japonaises.

Quand l’Okinawa-te est devenu karaté

Même s’il est difficile de déterminer avec précision le chemin emprunté par le karaté pour devenir ce qu’il est aujourd’hui, nous avons, essentiellement à partir du 19ème siècle, des informations sur les grands Maitres qui ont permis le développement et l’expansion du Karaté-Do au Japon puis dans le monde.

Des experts tels que :

Azato Yasutsune (le premier maître de Gichin Funakoshi)

Kentsu Yabu

Ankō Itosu(le second maître de Funakoshi)

Chibana Shōshin (l’un des condisciples de Funakoshi)

Gichin Funakoshi

Kanryō Higaonna

Chōjun Miyagi (disciple du précédent)

Kenwa Mabuni (autre condisciple de Funakoshi)

Il y en a certainement d’autres, moins connus (ou inconnus), mais nous avons, dans la liste précédente, des personnalités qui ont très largement influencé l’histoire du Karaté-Do.

Il est à noter que la majorité de ces experts sont originaires d’Okinawa et sont presque tous des disciples, directs ou indirects, de Sokon Matsumura (1809 – 1896).

Sokon Matsumura était un maître d’arts martiaux exceptionnel ayant pratiqué sous la direction d’experts Chinois de haut niveau qui lui auraient permis de développer sa propre approche de l’art du combat et qui auraient fait de lui le chef de fil du karaté d’Okinawa.

Il baptisa son style « Shorin-Ryu »

L’histoire indique qu’il appartenait à la bourgeoisie de l’île et qu’il est devenu l’instructeur et le garde du corps personnel du palais de Shuri (résidence des rois d’Okinawa).

Sur un plan technique, il créa et codifia certains katas que l’on retrouve (avec quelques variantes) dans la majorité des styles actuels (kushanku -qui devint kankudaï- et bassaï, entre autres).

Il semblerait qu’il appréciait énormément les katas Naihanchi (qui correspondent à la « série » des Tekki) et qu’il les considérait comme des katas incontournables pour l’apprentissage de la stabilité et l’étude des déplacements.

Comme je l’ai déjà écrit plus haut, il est probable que les sources historiques (que j’ai puisées sur le net et dans ma bibliothèque d’ouvrages personnelle) soient sujettes à caution et incomplètes.

Remarque personnelle

D’ailleurs je profite de l’occasion pour parler des ouvrages de Roland Habersetzer qui ont permis au « commun des mortels » d’accéder à des informations qu’il n’aurait pas été possible de découvrir sans son travail (en tous cas, pas aussi facilement).

Le premier ouvrage de sa collection que j’ai acheté, à l’âge de 15 ans (J’en ai 49 aujourd’hui) a été : « Le guide marabout du karaté » (que j’ai toujours).

Malgré tout, quelques soient les experts (connus ou inconnus), tous ont permis au karaté de se développer et de se frayer un chemin jusqu’à nous (et pour ça, nous devons les remercier avec respect).

Quand le karaté est devenu Karaté-Do

A la suite de Matsumura (1809 – 1896), Ankō Itosu (1832 – 1916), son principal disciple, a réussi à développer une véritable pédagogie du karaté Shōrin-ryū (créant les cinq premiers katas de base à partir de plusieurs katas d’origines) et a introduit la pratique du karaté dans le cursus scolaire d’Okinawa.

Après Anko Itosu, les différents experts de l’époque ont commencé à structurer leurs styles afin de permettre au Karaté de trouver sa place dans la culture martiale du Japon.

A noter également, qu’en parallèle du karaté, s’est développé le Kobudō (combat avec des outils de la vie quotidienne, agraires ou autres ustensiles faisant office d’armes).

En effet, les invasions successives d’Okinawa ont provoqué le développement d’une technique de combat à mains nues redoutable mais également (en raison de l’interdiction d’utiliser des armes afin de permettre aux militaires de garder une supériorité sur le plan martial) la création de disciplines parallèles qui devaient provoquer des sueurs froides chez les redoutables samouraïs.

Les habitants de ces îles, pécheurs ou agriculteurs, ont réussi à combattre des soldats entraînés et reconnus comme redoutables et ont réussi l’exploit de sauver la culture et les traditions de leur peuple.

Remarque personnelle

J’aime, et j’ai toujours aimé, cette idée de gens vivant simplement et courageusement (car être pêcheur ou agriculteur à Okinawa ne devait pas être de tout repos) et qui, malgré tout, sont parvenus à sauver leur mode de vie tout en sachant trouver leur place dans le Japon moderne.

Ceci dit, concernant les techniques de combat, il est fort possible que la réalité soit un peu moins « poétique » et que la pratique des arts martiaux soit surtout l’apanage des nobles et des privilégiés.

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Liste des principales armes traditionnelles d’Okinawa

BO (bâton long)

SAI (trident en métal)

TONFA (manche en bois des meules à riz, utilisé aujourd’hui par de nombreux services de sécurité dans le monde)

NUNCHAKU (fléau en bois à deux sections)

SANTSETSUKON (fléau en bois à trois sections)

EIKU (rame)

NUNTI (la lance)

KAMA (la faucille)

TIMBEI (le bouclier)

KUWA (la bêche de jardinier)

SURUCHIN (corde lestée)

TEKKO (l’ancêtre du poing américain)

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Shōtōkan-ryū

Notre école pratiquant le style Shotokan, je vais commencer par un (rapide) historique de notre approche du Karaté-Do.

Remarque personnelle : Je me permets de préciser que, bien qu’adepte du Shotokan, nous sommes ouverts à toutes les tendances et styles. Nos élèves (et nous-mêmes), de manières régulières, participons à des stages de toutes tendances et nous en retirons toujours quelque chose de positif sur le plan de notre pratique.

Le Karaté-Do est particulièrement riche et il serait dommage de l’enfermer dans une conception réductrice qui ne correspondrait pas du tout à l’histoire de notre art martial qui a toujours été ouvert à des approches multiples.

Né en 1868, Gichin Funakoshi a vécu dans le district de Yamakawa-Chô sur l’Île d’Okinawa et a pratiqué l’Okinawa-te dès son plus jeune âge.

Élève de Azato Yasutsune et de Ankō Itosu, il est devenu un expert de haut niveau reconnu par tous.

Cultivé, instruit, également reconnu comme poète (comme vous allez bientôt l’apprendre, cela aura une influence sur le Shotokan), Gichin Funakoshi avait toutes les qualités requises pour faire sortir le karaté d’Okinawa.

En effet, il a été choisi afin de représenter le karaté lors de la première démonstration nationale à Tokyo en 1922 (sur invitation de Jigorō Kanō, fondateur du judo. Ce qui en dit long sur les qualités de Maître Funakoshi).

Il est parvenu à intéresser les Japonais du « continent » au Karaté-Do à un tel point qu’il finit par rester au Japon afin de poursuivre son travail d’ouverture sur l’extérieur (ce qui ne devait certainement pas être bien accepté par tous les experts d’Okinawa).

Il a créé au Japon son Dojo ainsi que son style (en 1938) qu’il a appelé : Shōtōkan-ryū, l’école de «la maison de Shoto» (Shoto étant le nom de plume de Gichin Funakoshi).

Avant de s’éteindre en 1957, il a formé de nombreux élèves : Obata, Harada, Hironishi, Takagi, Oshima, Nakayama, Nishiyama, Kase….qui sont tous devenus des chefs de fil du karaté mondial.

Il est important de savoir que, bien que Maître Funakoshi soit considéré au Japon comme le fondateur du karaté moderne, sur un plan technique, son fils Yoshitaka est à l’origine du style tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Yoshitaka Funakoshi

 En effet, le fils du Maître a choisi de s’éloigner du Shorin-Ryu d’origine afin de mettre l’accent sur les coups puissants, les coups de poings directs et les positions basses (caractéristiques techniques qui se retrouvent aussi bien dans le Kihon que les Katas).

Remarque personnelle : Nous pourrions disserter longtemps sur les points positifs ou négatifs de cette évolution. Personnellement, je pense que le style du « vieux Maître » devait être extraordinaire mais il est certain que son fils était également un expert de haut niveau.

Par conséquent, à chacun de trouver sa réponse et de faire ses propres recherches afin d’élargir au mieux son approche du Karaté-Do Shotokan.

A partir de 1957,  le karaté a fini par s’ouvrir à la compétition (que rejetait complètement Maître Gichin FUNAKOSHI considérant que le Karaté-Do était bien plus que la recherche de victoire sur autrui) et les premiers championnats ont vu le jour au Japon.

Avec le temps, des scissions ont fini par voir le jour et le Shotokan a commencé à prendre plusieurs directions (autant au niveau du Japon qu’au niveau international).

Sans vouloir aller trop loin, nous trouvons différentes approches du Karaté-Do style Shotokan sur le sol français.

L »association FRANCE SHOTOKAN, crée et dirigée par Maître Tsutomu OSHIMA et composée de nombreuses écoles (rattachées maintenant à la Fédération Française de Karaté et discipline associées).

La JKA (Japan Karaté Association), représenté en France par une association de karatékas passionnés.

La FFKDA, qui regroupe la totalité des tendances en matières de Karaté-Do au niveau national.

Concernant notre école, nous sommes depuis la création du club rattaché à la FFKDA (anciennement FFKAMA).

Voilà pour ce rapide résumé de l’histoire du karaté Shotokan.

Concernant les autres grands styles de karaté (et toujours de manière condensé), nous trouvons : le Gōjū-ryū., le Wado-Ryu et le Shito-Ryu.

Gōjū-ryū

Le Gōjū-ryū est un style de karaté prenant son origine dans le Naha-Te (le poing de Naha) d’Okinawa et fondé par Chojun Miyagi en 1926.

Chojun Miyagi fait partie des Maîtres de karaté qui ont permis à leur discipline d’être reconnue par les autorités japonaises et, par conséquent, reconnue comme un budo.

Note : Les budo sont les arts martiaux japonais issus des anciennes techniques guerrières médiévales et regroupés ensemble car, si la forme diffère d’un art martial à un autre, les valeurs véhiculées sont identiques.

Les plus connus de ces budo sont : le karaté-do, le judo, l’aïkido et le kendo.

Le Gōjū-ryū est un style assez traditionnel (ce qui est un compliment) et caractérisé par des positions naturelles et utilise des modes de frappes et des déplacements souvent circulaires, visant les points vitaux.

Les postures sont stables et puissantes (sanchin dachi est la plus caractéristique du style), la respiration ventrale sonore, les déplacements courts et en demi-cercles.

Le représentant du Goju ryu en France au sein de la Fédération Française de karaté est Maître Oshiro Zenei.

Remarque personnelle

J’ai eu l’occasion de faire un stage sous sa direction et il s’agit d’un Maître aussi agréable au plan humain qu’impressionnant techniquement.

Remarque technique

Pour les pratiquants du Shotokan, le kata Hangetsu donne une idée de l’approche de cette branche du Karaté-Do.

Wadō-ryū

Le Wadō-ryū (l’école de la voie de la paix) est un style créé en 1939 par Hironori Ohtsuka.

Celui-ci était maître de ju-jitsu lorsqu’il a découvert le karaté sous la férule de Gichin Funakoshi.

Il a choisi de développer un karaté moins rigide et mis en avant des notions d’esquives particulièrement intéressantes.

Shito-ryū

Shito-ryū est un style de Karaté d’Okinawa créé en 1939 par Kenwa Mabuni.

Le fondateur a été un élève brillant des grands maîtres de l’île : Anko Itosu du Shuri-te, et Kanryo Higaonna du Naha-Te.

Sur un plan technique, voici en quelques mots des explications provenant du site du club de karaté Nancéien qui pratique ce style :

« Cette école est connue pour sa recherche permanente dans la frappe maximale avec l’utilisation de la mécanique du corps. De ce fait, les appuis, la rotation des hanches et le relâchement sont les critères les plus travaillés afin d’emmagasiner le maximum d’énergie pour la restituer dans son intégralité à travers une frappe la plus juste possible. »

Les autres styles :

Il serait possible de présenter de nombreux autres styles de karaté différents, car le Karaté-Do regorge de karatékas de haut niveau qui ont développé leur propre approche de leur art.

Ceci dit, je vous laisse le soin de faire vos propres recherches (sur le net, avec les nombreux ouvrages existants et surtout……avec le karatégi sur le dos).